Mobilisation du 24 octobre : préfectures et forces de l'ordre en alerte maximale en Bretagne
Une semaine après la journée de mobilisation du 17 octobre, marquée par des violences urbaines, des pillages de commerces et des affrontements musclés dans plusieurs métropoles, la Bretagne s'apprête à vivre un nouvel « Acte II ». On fait le point.
Face aux risques de débordements majeurs, les préfets du Morbihan, du Finistère et d'Ille-et-Vilaine ont multiplié les arrêtés d'interdiction, les restrictions matérielles et les déploiements de sécurité.
Menace de blocages en Ille-et-Vilaine
À Rennes, où la marée humaine du 17 octobre avait rassemblé plus de 12 000 personnes — du jamais-vu depuis la réforme des retraites de 2023 —, le souvenir des émeutes et des soixante commerces dégradés dans le centre-ville reste cuisant. Bien que les manifestations collectives demeurent proscrites par arrêté préfectoral, un appel à manifester non déclaré a été lancé pour 14 h, place de Bretagne, par plusieurs syndicats (Solidaires 35, SUD-PTT 35), des organisations étudiantes et un cortège inter-lycées.
Des actions de paralysie ciblées sont annoncées dès le début de matinée. Filtrages et blocages routiers : Les ronds-points stratégiques de Cleunay (près du centre E.Leclerc), des Gayeulles et de la Morinais à Saint-Jacques-de-La-Lande sont appelés à être bloqués dès 9 h. Stations-service ciblées : Les accès aux pompes à essence des centres commerciaux de Saint-Grégoire (dès 7 h) et d'Alma (à partir de 13 h) font également l'objet d'appels à l'obstruction.
Manifestation dans le Morbihan
Lorient et Pontivy sous interdiction stricte : Faute de déclaration dans les délais légaux, toute manifestation est formellement interdite à Lorient (où sept commerces avaient été pillés) ainsi qu'à Pontivy. Les forces de l'ordre y mettront en place un poste de commandement sous l'autorité de la sous-préfète pour maintenir un lien direct avec les commerçants.
Vannes : un compromis sous haute surveillance : À Vannes, la manifestation déclarée conjointement par la CGT et La France insoumise a fait l'objet de négociations serrées. Le rassemblement a été décalé à 14 h 30 pour éviter tout chevauchement avec le match du Rugby Club Vannes (RCV). Le parcours a été drastiquement modifié : le cortège partira de l'esplanade Simone-Veil et se dirigera vers le pont de Kérino pour rejoindre la place Charles-de-Gaulle sans traverser le centre-ville, ni longer la fête foraine ou approcher la voie express nationale.
Interdiction des artifices dans le Finistère
Dans le Finistère, le préfet Louis Le Franc a pris un arrêté préfectoral de restriction étendu du jeudi 22 octobre minuit au lundi 26 octobre. Cette décision fait suite aux événements d'une rare violence survenus le 17 octobre à Brest, où les forces de l'ordre avaient été prises pour cibles par des jets de projectiles répétés.
L'arrêté interdit sur l'ensemble du département la détention et l'usage d'artifices de divertissement sur la voie publique. Par ailleurs, dans les agglomérations de Brest, Quimper et Morlaix, les autorités ont banni le transport sans motif légitime. D'armes ou d'objets pouvant servir de projectiles. De produits inflammables, bombes de peinture, cagoules ou équipements de dissimulation du visage. De matériel de chantier, poubelles ou caddies susceptibles d'être détournés pour ériger des barricades.
Publié : 19h51 par Titouan Guibert
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