Le Maranello sombre en Manche : deux marins portés disparus, un équipage brisé

Le chalutier briochin Maranello a sombré samedi soir au large de l’Angleterre, alors qu’il se trouvait à une cinquantaine de kilomètres de Plymouth. Trois des cinq membres d’équipage ont été secourus. Les recherches pour retrouver les deux autres marins ont été suspendues dimanche soir.

Le Maranello
Le Maranello
Crédit : Hubert Leprete

Le drame s’est joué samedi 29 août, en début de soirée. Le Maranello, un chalutier de 21 mètres immatriculé à Saint-Brieuc, naviguait au large des côtes anglaises après avoir quitté Saint-Quay-Portrieux quatre jours auparavant.

Le bateau se trouvait alors à environ 26 milles nautiques, soit près de 50 kilomètres, au sud-ouest de Plymouth. Les conditions en mer étaient difficiles, avec un vent fort et une Manche particulièrement agitée.

Vers 18 heures, un appel de détresse est lancé. Les secours britanniques déclenchent immédiatement une importante opération pour tenter de porter assistance aux cinq marins présents à bord.

Trois marins sauvés avant le naufrage

Un autre chalutier de l’armement Eouzan-Travadon, le Stradale, se trouvait à proximité. Il rejoint rapidement la zone du naufrage.

À son arrivée, le Maranello est déjà en train de sombrer. L’équipage du Stradale parvient à récupérer trois marins avant que le chalutier ne disparaisse complètement.

L’un des rescapés, blessé, est évacué par hélicoptère vers un hôpital de Truro, en Angleterre. Les deux autres sont conduits jusqu’à Plymouth à bord du Stradale, où ils sont pris en charge par les secours.

Les deux derniers membres de l’équipage n’ont, eux, pas pu être retrouvés.

D'importants moyens mobilisés pour les recherches

Dès le déclenchement de l’alerte, les autorités britanniques mobilisent plusieurs moyens aériens et maritimes. Deux bâtiments de sauvetage, un hélicoptère et un avion participent aux premières recherches.

Les secours français sont également engagés, avec notamment les Cross Gris-Nez et Corsen. Plusieurs autres chalutiers de l’armement Eouzan-Travadon, le Scuderia et le California, prennent eux aussi part aux opérations.

Au cours de la nuit, puis dimanche matin, les recherches se poursuivent dans des conditions particulièrement compliquées, avec une mer forte et une visibilité réduite.

La Marine nationale française engage à son tour un Falcon 50. Des navires et des avions britanniques complètent le dispositif.

Plus d’une quinzaine de bateaux présents dans le secteur sont également invités à participer aux recherches.

Les recherches finalement suspendues

Malgré l’ampleur du dispositif déployé, aucune trace des deux marins disparus n’est retrouvée.

Les recherches se poursuivent durant plusieurs heures dimanche, avant d’être officiellement suspendues vers 21 h 20, heure française.

Les trois rescapés doivent, eux, regagner la France.

Les circonstances du naufrage encore inconnues

À ce stade, les causes précises du naufrage restent à établir.

Les autorités maritimes évoquent un possible problème lié à l’équipement de pêche, mais aucune conclusion définitive ne peut être tirée pour le moment.

Une enquête doit permettre de déterminer les circonstances exactes de l’accident et de comprendre pourquoi le Maranello a sombré aussi rapidement.

Un drame qui bouleverse le monde de la pêche

À Saint-Quay-Portrieux, d’où le Maranello était parti quelques jours plus tôt, le naufrage provoque une profonde émotion.

Le bateau appartenait à l’armement Eouzan-Travadon, bien connu dans les ports bretons. Ses chalutiers fréquentent notamment Roscoff, dans le Finistère, où ils viennent régulièrement débarquer leur pêche.

Au-delà de Saint-Brieuc, c’est donc toute la communauté maritime bretonne qui est touchée par ce drame.

Dans les prochains jours, les autres bateaux de l’armement devraient rentrer au port. Trois d’entre eux reviendront avec le souvenir d’un quatrième chalutier qui, lui, ne rentrera pas.

Publié : 8h22 par Gwen BROT

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