Fonderie de Bretagne : la fin d’une histoire ouvrière, 244 salariés face au vide

Après des mois d’espoir et d’incertitudes, le couperet est tombé. Faute de repreneur, la Fonderie de Bretagne va être liquidée. À Caudan, les 244 salariés encaissent le choc entre colère, désillusion et inquiétude pour l’avenir.

La Fonderie de Bretagne
La Fonderie de Bretagne

 

Mardi 13 octobre, les salariés de la Fonderie de Bretagne ont appris qu’aucune offre de reprise n’avait été déposée auprès de l’administrateur judiciaire. Une annonce qui scelle définitivement le sort du site industriel de Caudan et met fin à plus de soixante années d’activité.

Pour les 244 employés, l’espoir d’un sauvetage s’est envolé. La liquidation entraîne désormais la disparition de l’entreprise et la perspective de licenciements pour l’ensemble du personnel. Beaucoup avaient pourtant continué à croire à une issue favorable jusqu’aux derniers jours, convaincus que l’activité de l’usine et la qualité de ses équipements pouvaient encore convaincre un investisseur.

Entre colère et amertume chez les salariés

Devant les grilles de l’usine, l’ambiance était lourde ce mardi. Les salariés évoquent un sentiment de dégoût et d’abandon après des mois d’attente.

Si certains s’attendaient à une décision défavorable, la confirmation de la liquidation a provoqué une onde de choc. Beaucoup dénoncent le manque de solutions concrètes apportées au dossier malgré les nombreuses prises de position politiques et institutionnelles observées depuis le début de la crise.

Dans la matinée, un feu allumé à proximité du site a symbolisé une ultime démonstration de colère. Mais au-delà de la colère, c’est surtout une profonde tristesse qui domine. Après des années, parfois plusieurs décennies passées dans l’entreprise, les adieux entre collègues avaient un goût amer, celui d’une aventure industrielle qui s’achève brutalement.

L’inquiétude d’un territoire face aux suppressions d’emplois

Au-delà des conséquences immédiates pour les salariés, la disparition de la Fonderie de Bretagne soulève de nombreuses interrogations sur l’avenir industriel du bassin lorientais.

Pour les ouvriers spécialisés, les techniciens et les métiers propres à la fonderie, les perspectives de reclassement apparaissent limitées dans la région. Plusieurs salariés reconnaissent ne pas avoir encore engagé de recherche d’emploi, tant l’espoir d’un repreneur demeurait présent.

Dans les prochaines semaines, les discussions porteront notamment sur les conditions de départ et les indemnités qui accompagneront les licenciements. Mais pour de nombreuses familles, l’urgence est désormais de se projeter dans un avenir devenu particulièrement incertain.

La disparition de la Fonderie de Bretagne marque ainsi un nouveau coup dur pour l’industrie bretonne et laisse 244 salariés confrontés à une même question : que faire après la fermeture d’une usine qui représentait parfois toute une carrière ?

 

Publié : 7h28 par Gwen BROT

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