Andouille de Guémené : la Bretagne monte au créneau pour sauver son emblème gastronomique

Menacée par des normes européennes sur le fumage au bois, l’andouille de Guémené est désormais au cœur d’une mobilisation politique sans précédent. Ce jeudi, les élus du Conseil régional de Bretagne examinent plusieurs vœux pour défendre ce produit emblématique et préserver un savoir-faire ancestral qui fait la renommée du territoire.

L’ andouille de Guémené
L’ andouille de Guémené
Crédit : INRA DIST

 

L’andouille de Guémené traverse une période délicate. En cause : des réglementations européennes encadrant strictement les substances générées lors du fumage au bois de hêtre, technique pourtant au cœur de sa fabrication traditionnelle.

Lorsque certains seuils sont dépassés, la commercialisation du produit peut être interdite. Une situation qui inquiète producteurs, défenseurs du patrimoine culinaire et élus bretons. D’autant que d’autres pays européens, à l’image de l’Irlande ou de l’Espagne, bénéficient déjà de dérogations pour protéger leurs spécialités fumées traditionnelles.

Face à cette menace, la Région Bretagne souhaite faire pression sur le gouvernement afin qu’il engage des démarches similaires auprès des instances européennes.

Les élus bretons unis pour défendre un savoir-faire historique

Si les groupes politiques divergent sur la méthode, tous affichent le même objectif : préserver l’avenir de l’andouille de Guémené.

La majorité régionale, portée par Pierre Pouliquen, met en avant les discussions engagées entre le président de Région Loïg Chesnais-Girard et le ministère de l’Agriculture. Des solutions techniques sont également étudiées avec l’Institut du porc afin de concilier exigences sanitaires et respect de la recette traditionnelle. Parmi les pistes explorées figure notamment le recours à une « double chaussette » de protection au cours du processus de fabrication.

De son côté, le Rassemblement national souhaite aller plus loin. Le groupe défend l’obtention d’une dérogation européenne mais aussi une reconnaissance du fumage traditionnel de l’andouille comme élément du patrimoine culturel immatériel.

Le groupe centriste Nous la Bretagne plaide quant à lui pour un engagement durable de la collectivité aux côtés des professionnels et des acteurs locaux mobilisés depuis plusieurs semaines.

Un enjeu économique, culturel et identitaire

Au-delà d’un simple produit de charcuterie, l’andouille de Guémené représente une part du patrimoine breton. Derrière sa fabrication se cache un savoir-faire transmis de génération en génération, étroitement lié à l’identité du centre Bretagne.

La préfecture du Morbihan a toutefois tenu à préciser qu’une seule entreprise du département est aujourd’hui directement concernée par le dépassement des seuils réglementaires : la Maison Rivalan-Quidu, installée à Guémené-sur-Scorff. Les services de l’État assurent accompagner l’entreprise depuis plusieurs années afin de lui permettre de poursuivre sa production tout en répondant aux exigences sanitaires.

Le débat qui s’ouvre au Conseil régional dépasse donc la seule question réglementaire. Pour de nombreux élus et habitants, il s’agit désormais de défendre un symbole du patrimoine breton et de garantir que les traditions culinaires locales puissent continuer à se transmettre aux générations futures.

Entre Bruxelles, Paris et la Bretagne, l’avenir de l’andouille de Guémené est désormais devenu un véritable dossier politique.

 

Publié : 7h17 par Gwen BROT

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