Vers un remaniement des stages de troisième et de seconde

Le gouvernement a annoncé ce mercredi 22 avril une réflexion sur l'aménagement des stages obligatoires en entreprise. Si le principe n'est pas abandonné, une alternative est envisagée après la mort d'un stagiaire de 15 ans dans le Gard.

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Crédit : Pexels

Portée par la ministre Sabrina Agresti-Roubache, cette annonce intervient alors qu’un lycéen a perdu la vie ce vendredi 17 avril à Bagnols-sur-Cèze, percuté par un chariot élévateur sur son lieu de stage. Un drame qui relance le débat sur la sécurité et la pertinence de ces périodes d'immersion.

Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a précisé que l'objectif n'est pas de supprimer ces stages, considérés comme un levier d'égalité des chances, mais de les faire évoluer.

Une option collective évoquée

Le nouveau dispositif proposé permettrait aux élèves de choisir entre l’immersion classique dans une seule entreprise ou une découverte multisectorielle. Dans ce second cas, les élèves resteraient rattachés à leur établissement et se rendraient, par groupes d'une dizaine, dans une entreprise différente chaque jour pour découvrir divers métiers.

Cette alternative vise à garantir que les jeunes restent dans une position d'observation stricte. L'idée est d'éviter toute mise en situation d'exécution de tâches professionnelles dangereuses, comme la conduite de machines, tout en limitant l'impact organisationnel pour les entreprises d'accueil.

Les stagiaires, de la main-d’œuvre déguisée ?

Du côté des syndicats enseignants, la colère gronde et certains demandent purement et simplement la suppression de ces dispositifs en filière générale. La CGT Éduc’action et le SNUEP-FSU pointent du doigt une absence de valeur pédagogique réelle et dénoncent des situations où les stagiaires sont utilisés comme de la main-d’œuvre déguisée. Ils soulignent également les fortes inégalités sociales face à la recherche de stage et l'impossibilité pour les professeurs d'assurer un suivi correct sur le terrain.

Aucune date de mise en œuvre n'a été communiquée. La ministre déléguée chargée de l'Apprentissage souhaite engager des concertations avec les acteurs du secteur avant de trancher sur les modalités techniques de cette réforme. Le projet s'annonce déjà complexe, particulièrement dans les zones rurales constituées essentiellement de petites entreprises peu habituées à recevoir des groupes d'élèves.

Publié : 19h08 par Dimitri COUTAND

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