Supérettes sans personnel : miracle rural ou modèle fragile ?

Présentées comme une bouffée d’oxygène pour les villages sans commerce, les supérettes autonomes divisent déjà élus et habitants. Mais derrière l’innovation, la question de la rentabilité s’impose.

Un commerce 2.0 qui divisent encore
Un commerce 2.0 qui divisent encore
Crédit : superettes.api-masuperette

Le concept est simple : une petite structure en bois, accessible via une application mobile, proposant environ 700 références. Les clients scannent un QR code pour entrer et règlent leurs achats à une caisse automatique.

Déployé par l’entreprise charentaise API depuis 2022, le modèle revendique aujourd’hui 150 implantations, principalement dans l’ouest de la France. L’objectif affiché : lutter contre la disparition des commerces de proximité.

Ouvert en continu, il permet d’éviter plusieurs kilomètres de trajet vers la grande surface la plus proche. 

Un modèle jugé trop moderne

L’autonomie totale du dispositif peut aussi freiner une partie de la population. Dans certains villages, des habitants plus âgés n’osaient pas franchir la porte, redoutant la technologie ou la procédure d’accès via smartphone.

Ces réticences ont pesé sur la fréquentation. D’autres ont pointé des rayons parfois mal approvisionnés ou une communication insuffisante avec l’exploitant.

“On a fait des erreurs”

Face aux critiques, la direction d’API reconnaît des ajustements nécessaires. Elle admet que certains emplacements, notamment à faible trafic routier, n’offraient pas un potentiel suffisant. Les critères d’implantation ont depuis été revus.

L’entreprise insiste sur sa volonté d’atteindre un équilibre financier pour assurer la pérennité du concept, et vise la rentabilité à l’horizon 2027. Parmi ses investisseurs figurent notamment Carrefour et une holding liée à un héritier du fondateur d’Auchan.

Publié : 25 février 2026 à 19h32 par Titouan GUIBERT

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