Politique : pourquoi Marine Le Pen reste éligible malgré sa condamnation ?
La cour d'appel a rendu son verdict ce mardi 7 juillet dans l'affaire des assistants parlementaires du Front national. Si la présidente du groupe est déclarée coupable, elle reste éligible Explications.
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C'est le point central qui a surpris de nombreux observateurs : sur le plan strictement juridique, Marine Le Pen conserve le droit de se présenter à l'élection présidentielle. La cour d'appel l'a condamnée à une peine de 45 mois d’inéligibilité, mais a assorti 30 mois de cette peine d’un sursis. Le reliquat ferme à exécuter était donc de 15 mois.
Or, les magistrats ont pris en compte une temporalité technique décisive : ils ont considéré que Marine Le Pen avait déjà purgé ces 15 mois d'inéligibilité depuis le 31 mars 2025, date liée aux suites de sa condamnation en première instance. N'ayant plus de mois d'inéligibilité ferme à accomplir, elle redevient immédiatement éligible devant la loi.
L'obstacle du bracelet électronique
Si le verrou juridique de l'inéligibilité a sauté, un autre obstacle de taille, d'ordre pratique et politique, vient compliquer ses plans pour l'échéance présidentielle de l'an prochain.
En plus d'une amende de 100 000 euros, Marine Le Pen a écoper d'une peine de trois ans de prison, dont un an ferme. Les juges ont toutefois accordé un aménagement : cette année ferme devra être effectuée sous surveillance électronique, c'est-à-dire avec le port d'un bracelet au quotidien.
Bien que la prison ferme soit évitée, mener une campagne électorale d'envergure nationale avec une telle contrainte logistique relève du casse-tête. Les déplacements quotidiens, les meetings à travers la France et la présence sur les marchés sont strictement soumis aux horaires et autorisations accordés par l'administration judiciaire.
Une décision politique en suspens
Avant que le délibéré ne soit rendu, Marine Le Pen avait fermement prévenu qu'elle refuserait de faire campagne si elle se retrouvait contrainte de porter un tel dispositif électronique. La décision de la cour d'appel fait donc renaître toutes les incertitudes sur sa volonté réelle de briguer la présidence de la République.
En coulisses, le Rassemblement national s'est préparé à toutes les éventualités. Si Marine Le Pen choisit de renoncer face à l'obstacle logistique de sa peine de prison, le plan de succession est déjà activé : Jordan Bardella est désigné pour endosser le rôle de candidat du parti pour l'échéance de 2027.
Publié : 19h25 par Titouan GUIBERT
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