Nos boulangeries de village peuvent-elles résister aux géants du pain ?

Dans l’Ouest, la boulangerie artisanale incarne bien plus qu’un commerce de proximité. Mais entre baisse de la consommation, hausse des charges et concurrence des enseignes nationales, le modèle traditionnel doit se réinventer pour survivre.

les baguettes attendent les premiers clients du matin
les baguettes attendent les premiers clients du matin

En 2025, la France compte 29.247 boulangeries indépendantes, contre 3.350 pour les chaînes comme Marie Blachère, Ange ou Paul. Si les artisans restent largement majoritaires, leur nombre recule : ils étaient plus de 30.000 en 2023.

Le chiffre d’affaires moyen d’un point de vente de chaîne dépasse le million d’euros, quand celui d’un indépendant avoisine 273.000 euros. La consommation de pain diminue également : 94 grammes par jour et par Français aujourd’hui, contre 125 en 2015. Le pain est devenu un produit plaisir plus qu’un aliment essentiel.

Les campagnes bretonnes fragilisées

En Bretagne, les difficultés touchent surtout les territoires ruraux. Dans certaines communes des Côtes-d’Armor ou du Centre-Bretagne, la fermeture de la dernière boulangerie a marqué un tournant pour la vie locale.

Dans le Morbihan intérieur, des municipalités ont parfois installé des distributeurs automatiques de baguettes pour maintenir un service de proximité. Une solution pratique, mais qui ne remplace ni le commerce ni le lien humain.

Les Pays de la Loire entre fermetures et expansion

Dans les Pays de la Loire, le phénomène est comparable. En Mayenne ou dans le nord de la Sarthe, certains bourgs ont perdu leur artisan, remplacé par un simple dépôt de pain alimenté par une commune voisine.

À l’inverse, dans les grandes villes comme Nantes ou Rennes, les enseignes nationales se développent en périphérie, misant sur le snacking et des horaires élargis.

Se diversifier pour survivre

Pour compenser la baisse des ventes de pain, de nombreuses boulangeries élargissent leur offre : sandwichs, quiches, pizzas ou formules déjeuner. Le snacking représente désormais plus de la moitié du chiffre d’affaires de nombreux établissements.

Mais cette diversification a ses limites, notamment dans les petites communes où la clientèle reste restreinte.

Un enjeu économique… et humain

La filière pèse 15 milliards d’euros en 2025. Au-delà des chiffres, la boulangerie demeure un pilier social dans les villages bretons et ligériens.

Préserver ces commerces, c’est maintenir de l’activité, du lien et une identité locale forte. Dans l’Ouest, le pain reste un symbole : celui d’un savoir-faire, mais aussi d’une solidarité de proximité.

 

Publié : 7h49 par Gwen BROT

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