Le Belem fête ses 130 ans, les secrets d'un monument historique vivant
Le 10 juin 1896, les chantiers Dubigeon lançaient à Nantes le « Belem ». 130 ans plus tard, ce trois-mâts à coque d'acier est le dernier grand voilier de sa génération encore en navigation, devenu un ambassadeur mondial de sa ville natale et un emblème du patrimoine maritime français.
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Construit en six mois pour le commerce du chocolat entre la France et les Antilles, le Belem s'est tout de suite démarqué des cargos de son époque. Moins massif, ce voilier de 58 mètres de long affichait des lignes esthétiques et racées qui lui ont rapidement valu le surnom de « yacht ».
Sa longévité exceptionnelle ne tient pas qu'à sa bonne étoile qui lui a pourtant permis d'échapper à l'éruption de la Montagne Pelée en Martinique ou à un incendie au Brésil. Le secret du Belem réside surtout dans une succession de coups de foudre de ses propriétaires. Contrairement aux autres navires du XIXe siècle envoyés à la casse, ce voilier n'a presque jamais cessé de naviguer, ce qui a garanti son entretien permanent.
Des vies multiples portées par la passion
Transformé en yacht de luxe en 1914 par le duc de Westminster, le trois-mâts a ensuite appartenu à l'homme d'affaires Sir Arthur Ernest Guinness, sous le nom de Fantôme II, pour accomplir un tour du monde. Au milieu du XXe siècle, il passe sous pavillon italien grâce au comte Vittorio Cini. Rebaptisé Word ou Giorgi-Cini, il devient un bateau-école pour les orphelins de marins et bénéficie d'une modernisation complète.
Après une période d'abandon à Venise dans les années 70, le voilier est sauvé par des passionnés français et racheté en 1979 par les Caisses d'Épargne. Devenu navire-école civil et classé monument historique en 1984, il embarque aujourd'hui près de 2 000 stagiaires par an. Pour assurer les 130 prochaines années du Belem, la fondation s'apprête désormais à lancer un grand chantier de restauration de sa poupe.
Un habitué des côtes de l'Ouest
Aujourd'hui encore, le Belem demeure très ancré dans sa région d'origine et multiplie les escales le long du littoral. S'il revient fréquemment dans ses ports historiques de Nantes et de Saint-Nazaire, il s'arrête aussi régulièrement aux Sables-d'Olonne. Plus au nord, le trois-mâts fait de fréquentes haltes à Lorient, honore de sa présence les rendez-vous maritimes de Brest et Douarnenez, et jette ponctuellement l'ancre à Saint-Malo.
Publié : 9 juin 2026 à 19h33 par Dimitri COUTAND
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