Industrie française : l’hémorragie se poursuit, 38 usines perdues sur l'année 2025

Selon le bilan dévoilé le 12 février par l’Usine Nouvelle, la France a, pour la deuxième année consécutive, enregistré davantage de fermetures que d’ouvertures de sites industriels sur l'année 2025.

Nouveau recul confirmé en 2025 : la désindustrialisation se confirme.
Nouveau recul confirmé en 2025 : la désindustrialisation se confirme.
Crédit : Usine Nouvelle

Dans le détail, 124 fermetures, liquidations ou procédures de sauvegarde ont été recensées, contre 86 créations de sites et 62 extensions. Le solde reste négatif avec 38 implantations perdues, un chiffre légèrement inférieur à celui de 2024, mais toujours préoccupant.

Plus de 10 000 emplois sont aujourd’hui menacés sur l’ensemble des sites concernés. Crise économique persistante, ralentissement du bâtiment, difficultés de l’automobile ou de la chimie : aucun secteur n’est réellement épargné.

Agroalimentaire, automobile, textile

L’agroalimentaire bascule à son tour. Seize usines y sont menacées ou fermées, confrontées à la hausse des coûts de l’énergie et des matières premières, sans pouvoir augmenter leurs prix face à la pression de la grande distribution.

L’automobile et ses sous-traitants subissent également un net ralentissement. La métallurgie, dépendante du bâtiment et de l’industrie automobile, pâtit en outre de la concurrence asiatique sur l’acier et l’aluminium.

Le textile poursuit sa descente. La production de chaussures Clergerie s’est arrêtée à Romans-sur-Isère, tandis que les filatures Safilin ont fermé à Béthune. Le fabricant TDV textile a également cessé son activité à Laval.

Numérique, énergie et défense 

À l’inverse, plusieurs secteurs affichent une dynamique positive. L’économie numérique stimule l’implantation de centres logistiques sur le territoire. Le secteur énergétique reste porteur, notamment le nucléaire avec des acteurs comme Framatome et Orano.

Les énergies renouvelables progressent, malgré un contexte plus tendu pour le solaire. L’économie circulaire gagne du terrain, portée par des groupes tels que Veolia, Suez ou Paprec. De nouvelles filières émergent également, à l’image du projet Carester dans les Pyrénées-Atlantiques pour recycler les terres rares des batteries.

Enfin, le luxe demeure un atout majeur à l’international. Des maisons comme LVMH ou Hermès bénéficient de la montée en puissance des classes moyennes dans les pays émergents.

Publié : 19 février 2026 à 8h18 par Titouan GUIBERT

Titres diffusés

Voir plus

Contactez la rédaction