Canicule : le bitume fond sur les routes de l'Ouest, des interventions en Bretagne, et dans les Pays de La Loire

La canicule ne fait pas souffrir que les habitants. Avec des chaussées qui dépassent parfois les 60°C, le bitume se déforme sous l'effet de la chaleur.

Travaux routiers sur une route ensoleillée
Travaux routiers sur une route ensoleillée
Crédit : image d'illustration

En Bretagne comme en Pays de la Loire, les Départements multiplient les interventions pour sécuriser les routes et limiter les dégâts.

Pourquoi les routes deviennent-elles glissantes ?

Lorsque les températures grimpent au-delà de 40°C, la surface des chaussées peut atteindre près de 60°C.

À cette température, le bitume se ramollit et remonte en surface. Ce phénomène, appelé "ressuage", rend la chaussée brillante et parfois glissante. Les pneus peuvent arracher le revêtement, ce qui accélère sa dégradation et favorise l'apparition de nids-de-poule.

Les gestionnaires des routes départementales surveillent donc de près les axes les plus exposés, notamment ceux où circulent de nombreux poids lourds.

En Loire-Atlantique, plusieurs routes fermées

La Loire-Atlantique est l'un des départements les plus touchés.

Cette semaine, cinq routes départementales ont dû être fermées temporairement en raison du risque de chaussée glissante, notamment entre Saffré et Héric, à La Grigonnais, près de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, de Paulx ou encore du côté de La Chapelle-Glain.

Le Département applique depuis plusieurs années un traitement préventif au lait de chaux sur les secteurs les plus sensibles afin de limiter la montée en température du revêtement.

En Bretagne, des interventions dans plusieurs départements

La Bretagne est également confrontée à ce phénomène inédit.

Dans le Morbihan, des opérations de gravillonnage ont été réalisées à Pluvigner et Mériadec où le bitume s'est fortement ramolli.

Dans le Finistère, cinq kilomètres de chaussée ont été traités au lait de chaux à Lopérec. Les équipes départementales patrouillent quotidiennement afin d'identifier rapidement les secteurs les plus fragiles.

En Ille-et-Vilaine, des dizaines de routes ont déjà fait l'objet d'un traitement préventif, soit par gravillonnage, soit par épandage de lait de chaux.

Dans les Côtes-d'Armor, un diagnostic complet des 4 600 kilomètres du réseau routier est en cours afin d'adapter les chaussées aux épisodes de chaleur qui deviennent de plus en plus fréquents.

Une vigilance également en Vendée

En Vendée, les services routiers renforcent également la surveillance des chaussées les plus exposées aux fortes températures.

Même si aucune fermeture importante n'a été signalée, les équipes restent mobilisées pour intervenir rapidement en cas de dégradation du revêtement.

Du lait de chaux pour refroidir les chaussées

Pour limiter les dégâts, les Départements utilisent principalement deux techniques.

La première consiste à appliquer du lait de chaux. Cette fine pellicule blanche réfléchit les rayons du soleil et permet de faire baisser la température du revêtement de 10 à 15 degrés.

La seconde repose sur le gravillonnage. Des gravillons sont répandus sur les portions où le bitume commence à remonter afin de redonner de l'adhérence et protéger la chaussée.

Ces interventions permettent d'éviter des dégradations beaucoup plus importantes et de maintenir la circulation en toute sécurité.

Un phénomène appelé à se répéter

Avec le réchauffement climatique, les gestionnaires des routes s'attendent à devoir intervenir de plus en plus souvent lors des épisodes de fortes chaleurs.

La baisse des températures attendue en cette fin de semaine devrait améliorer progressivement la situation, mais les collectivités réfléchissent déjà à adapter durablement leurs infrastructures face à des canicules désormais plus fréquentes et plus intenses.

Publié : 9h36 par Gwen BROT

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