Cadmium dans les engrais : le poison invisible qui divise les députés
Un métal lourd classé cancérogène, présent dans les sols et jusque dans nos assiettes. Ce jeudi 12 février 2026, l’Assemblée nationale examine une proposition de loi pour interdire le cadmium dans les engrais phosphatés. Un débat à la fois sanitaire, économique et stratégique.
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Le cadmium est un métal lourd naturellement présent dans certains gisements de phosphate. Utilisé pour fabriquer des engrais phosphatés, il se retrouve dans les sols agricoles.
Problème : il s’accumule dans les cultures, notamment le blé et les pommes de terre, puis dans l’organisme humain. Le Centre international de recherche sur le cancer le classe comme cancérogène. Des risques existent aussi pour les reins et la fertilité.
Pour certains élus écologistes, il s’agit d’un enjeu majeur de santé publique.
Que dit la loi aujourd’hui ?
L’Union européenne impose une limite de 60 milligrammes de cadmium par tonne d’engrais phosphaté.
La France va plus loin… ou plutôt moins strictement : elle autorise jusqu’à 90 milligrammes.
La proposition de loi débattue ce 12 février vise à interdire purement et simplement la présence de cadmium. D’autres députés proposent un compromis : s’aligner sur la norme européenne en 2027, puis descendre progressivement à 20 milligrammes d’ici 2035.
D’où viennent ces engrais ?
La majorité des engrais utilisés en France est importée. Deux tiers viennent de l’étranger.
Certains gisements, comme ceux exploités au Maroc, contiennent davantage de cadmium. D’autres, en Russie ou en Europe du Nord, en contiennent moins.
Le sujet est aussi géopolitique : après la guerre en Ukraine et les tensions sur le gaz, l’Union européenne a instauré en juillet 2025 une taxe sur les engrais russes et biélorusses.
Un enjeu de souveraineté agricole
Au-delà de la santé, le débat pose une question plus large : celle de la dépendance française aux importations d’engrais, fabriqués en grande partie à partir de gaz fossile.
Réduire le cadmium, c’est aussi repenser la manière de fertiliser les sols, développer d’autres pratiques agricoles et sécuriser les approvisionnements.
La décision des députés pourrait donc avoir des conséquences bien au-delà des champs.
Publié : 8h33 par Gwen BROT
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